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COMITE DEPARTEMENTAL HANDISPORT HAUTE-GARONNE
GONZALEZ Coralie
Sportive de haut niveau en goalball, licenciée à l'Association Valentin Haüy de Toulouse, joueuse en équipe de France et a participé aux championnats d’Europe au Portugal en 2016 puis à ceux de 2018 en Pologne.
 
Le CDH 31 vous propose de découvrir une interview de Coralie Gonzalez, réalisée par Marine (volontaire en service civique).
 
Bonjour Coralie, Marine BELONY, la volontaire en service civique au Comité Départemental Handisport.
Coralie : Bonjour, vous allez bien ?
 
Très bien merci, j’appelle pour l’interview. Alors, pour commencer j’aimerais savoir depuis quand tu pratiques le goalball ?
Coralie : J’ai commencé… j’ai découvert en 2010 le goalball et il y a eu une interruption de 2012 à 2016 à peu près.
 
D’accord, entre temps tu as fait un autre sport ?
Coralie : J’ai fait du torball. Après j’ai connu le handisport très tard, j’avais 20 ans quand j’ai connu le handisport.
 
Ok ! Et donc avant tu pratiquais dans un club non handisport ?
Coralie : Avant ? Non j’étais en rupture avec les clubs handisports puisque moi j’aime les sports collectifs et tout ce qui était basket et tout ça, ça a été très compliqué. Quand on ne voit pas clair, le basket bon... donc je ne faisais pas trop de sport.
 
D’accord. Quel poste tu occupes au goalball ?
Coralie : Moi je joue partout, mais le poste que je préfère c’est le centre. Et souvent en club je joue plus aux ailes en premier puisque je suis une bonne attaquante et en équipe de France par contre je suis au centre. Mon poste principal c’est le centre.
 
Et dans quel club pratiques-tu ?
Coralie : Le CSAVH31
 
D’accord. Et donc tu as choisi cette discipline justement parce que tu aimais les sports collectifs ?
Coralie : Parce que j’aime les sports collectifs, il y en a pas beaucoup déjà pour les non-voyants et pour les filles c’est encore pire, donc voilà. Le goalball bon c’était bien, et en plus c’est une discipline olympique donc voilà. Déjà c’est beaucoup !
 
Oui c’est vrai. Alors à quel moment et dans quelles conditions tu as décidé de te lancer dans le goalball ?
Coralie : En premier j’ai connu le torball, c’est un sport un peu similaire. Après, on m’a parlé du goalball et en fait au niveau international c’est beaucoup plus développé le goalball. En international, il y avait une équipe de France qui pouvait participer à des Jeux un peu plus importants qu’au torball parce que le torball au niveau international c’est un peu mort. En plus, ce n’est plus un sport olympique. Donc en fait, j’ai vu un peu la perspective ambitieuse de me dire ben pourquoi pas...pourquoi pas me lancer là-dedans et essayer d’aller loin et récupérer une place en équipe de France. Et puis maintenant qu’il y a Paris, alors je suis encore plus déterminée !
 
Ah oui ! Du coup tu as pour objectif d’y participer avec l’équipe de France ?
Coralie : Ah oui, oui.
 
Mais par contre pas de Tokyo 2021 ?
Coralie : Non, en fait comme il y a eu une interruption au niveau du goalball, c’est politique hein, en 2016 ça a repris, ça ne fait pas très longtemps qu’on est relancé sur les rails en international et on est très en retard par rapport à d’autres pays. Là, on a un staff qui développe beaucoup, mais il y a beaucoup de pays où ce sont des semi-professionnels quand même. Donc voilà, on a loupé le coche. Cette année par contre on vise la montée en « Division A », je pense qu’on a le niveau maintenant pour monter. On part en Coupe d’Europe et voilà on vise ça.
 
Et qu’est-ce que le goalball te procure dans ta vie de tous les jours ?
Coralie : Ah ben alors le goalball ça m’a apporté un boulot ! Au début, ben parce que j’ai connu ma collègue de boulot, elle était adversaire. Après, on a joué dans la même équipe et on a fini par bosser ensemble. Après, sur le terrain, un sentiment de liberté parce que là il n’y a pas de handicap qui compte hein ! On est des sportifs à part entière et voilà, c’est la liberté.
 
D’accord. Par rapport à ta vie active, quelle est ta profession à côté de ton engagement de sportive de haut niveau ?
Coralie : Alors, j’ai un diplôme de kiné et en fait après le Covid ça a été très compliqué. Donc, là j’ai décidé de quitter le boulot et de me consacrer qu’au sport, qu’au goalball. Je tente une aventure, je vais essayer de trouver des partenaires, des sponsors qui vont essayer de m’aider jusqu’à Paris 2024.
 
D’accord, et est-ce que tu es rémunérée en même temps ?
Coralie : Ah non pas du tout, parce qu’on est amateurs déjà en goalball, donc en goalball ça ne s’est jamais fait, jamais. On tente hein, on verra bien, j’ai tout à y gagner. Et puis, il y a Paris au bout donc ça fait vraiment envie. Il y a pleins de gens qui sont motivés quand j’en parle... j’ai contacté une agence de communication, je leur ai parlé de ce projet là et ils sont à fond. Donc c’est cool en fait, donc pourquoi pas !
 
Ah oui, pourquoi pas !
Coralie : Voilà, donc j’ai claqué mon métier de kiné.
 
Et comment tu arrivais à concilier les deux quand tu travaillais en tant que kiné et en même temps que tu pratiquais ?
Coralie : Il fallait adapter l’agenda. Après, c’était compliqué parce qu’en libéral une fois que tu fais un certain nombre de patients, tu ne peux pas aller en dessous sinon c’est compliqué. Et j’avais augmenté mes entraînements physiques et au gymnase, ça faisait des journées très chargées sur deux, trois jours et après c’était compliqué. Mais ça se fait hein. Ah il faut avoir les reins solides !
 
Oui voilà, c’est ça.
Coralie : Il ne faut pas de grain de sable en fait, sinon ça part en cacahuète. Moi j’ai eu mon grain de sable, je me suis dit aller c’est bon j’arrête, ce n’est pas la peine.
 
Donc maintenant j’aimerais te parler de ta situation de sportive de haut niveau, quelles distinctions/quel palmarès tu as pu recevoir ?
Coralie : Oh je n’en ai pas beaucoup hein. Donc avec l’équipe de France on n’a pas eu de grande victoire encore, on a fait que des tournois où on a terminé 7ème. En Coupe d’Europe, j’ai fait deux Coupe d’Europe, en 2016 et en 2018, la première au Portugal, la deuxième on était en Pologne. Après avec le club, j’ai gagné une Coupe de France, on a été vice-championnes de France, et j’ai aussi plusieurs fois terminé meilleure buteuse. Après bon voilà, j’ai une place de titulaire maintenant en équipe de France, ça me va bien.
 
Et quelles sont tes sources de motivation ?
Coralie : Moi j’aime bien les défis déjà, donc ça va être le défi d’être sur le terrain. Après ma grosse motivation, c’est de ne pas lâcher, les échéances sportives à court terme et à long terme en fait. Ça c’est hyper important, en plus maintenant on a un collectif et on a une équipe qui ressemble à quelque chose, ça c’est trop bien maintenant, c’est juste de l’éclate en fait. Maintenant, on aimerait bien avoir des tournois pour mettre tout ça en pratique !
 
Mais du coup quel regard tu portes sur cette saison avec la crise sanitaire qui nous touche ?
Coralie : Au début je comprenais, fin juin avec le recul je me disais ok ben c’était mieux comme ça. Maintenant, je suis désolé on a du recul et je ne comprends plus, pour moi c’est agaçant, c’est frustrant et c’est incohérent. Je ne comprends pas pourquoi le sport est mis à l’écart comme ça. Et pourtant on dit que le sport c’est la santé... Et encore que nous les handicapés on a de la chance ! Je peux encore m’entraîner, mais toutes les compétitions sont annulées, donc c’est compliqué de garder la motivation. Et pourquoi nous les handicapés on a le droit de s’entraîner plus que les autres ? On verra en mars peut être, il y a un Championnat de France de goalball à Nîmes le 6 février, pour l’instant il n’est pas annulé, pour l’instant ! Et après on a de la chance, les stages équipe de France vu qu’on est sportifs de haut niveau, ils sont maintenus, heureusement ! Parce que sinon voilà…
 
Ok. Combien de temps tu consacres à la pratique, par semaine ou même par jour si c’est le cas, vu que maintenant tu t’es dédié entièrement au goalball ?
Coralie : La discipline spécifique du goalball, on le fait tous les samedis, le matin et des fois l’après-midi. Normalement l’après-midi je vais avoir un entraîneur spécifique qui va venir là justement à partir de samedi, pour m’entraîner en spécifique en plus de l’entraînement du club. Après sinon par semaine, bah déjà je travaille en période hors confinement à peu près 14h d’entraînement semaine, en comptant le physique et tout le reste. Sinon, je fais à peu près une demi-heure par jour et une heure spécifique avec le préparateur physique, mon coach perso.
 
C’est un bon planning !
Coralie : Ouais et avant j’arrivais à faire ça avec le boulot à côté !
 
Et est-ce que tu penses tester encore une autre discipline que le goalball ou le torball plus tard ?
Coralie : Alors je ne sais pas, honnêtement je ne sais pas. En tout cas, il y a un autre sport qui m’a fait vibrer, mais il n’est pas dans le handisport, c’est le crossfit ! Et alors ça je m’éclate quoi, je me régale. Après en handisport, non il n’y a pas grand-chose qui me plaît.
 
D’accord. Alors j’ai vu sur internet que…
Coralie : Que j’ai rencontré Alain Bernard !
 
Oui, oui voilà ! Et je voulais savoir comment tu avais vécu cette expérience ?
Coralie : Très bien vécu, c’était vraiment une expérience, c’était formidable, c’était vraiment un super moment, ce sont des gens très simples, lui comme Théo Curin et ça je le referais avec grand plaisir. Après, on voit que c’est un sportif de haut niveau parce qu’il a une capacité d’adaptation impressionnante en fait. Il comprend très vite, même finalement d’avoir mis les lunettes ça ne l’a pas vraiment trop perturbé. Il s’est vraiment bien débrouillé, franchement c’était une super expérience.
 
Est-ce que tu aurais un petit mot pour conclure l’interview ?
Coralie : Non… après si les gens sont intéressés pour venir découvrir la discipline, qu’ils viennent on est très ouverts. On fait essayer et puis après s’ils sont intéressés pour me suivre et pour suivre l’équipe de France il y a un compte Instagram, il s’appelle Coralie Gonzalez Goalball. Là, on voit tout, on voit s’il y a des stages, on voit deux trois anecdotes de la vie quoi.
 
Ok ! Merci beaucoup d’avoir participé à cette interview et le meilleur dans tes projets et pour Paris 2024.
Coralie : Eh bien de rien, avec plaisir et merci beaucoup !

Janvier 2021.