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COMITE DEPARTEMENTAL HANDISPORT HAUTE-GARONNE
PAVADE Dimitri
Vice-champion du Monde en saut en longueur (Dubaï, 2019)
Ambassadeur sportif de la Haute Garonne
Spécialités : 100m, 200m et saut en longueur.
 
Le CDH 31 vous propose de découvrir une interview de Dimitri PAVADE, réalisée par Marine (volontaire en service civique).
 
Bonjour Dimitri,
Bonjour Marine,
 
Depuis quand pratiques-tu l’athlétisme ?
Dimitri : 2016, janvier 2016. J’ai trois spécialités, le 100, le 200 et le saut en longueur.
 
Dans quel club du département ?
Dimitri : Athlé 632 à Tournefeuille.
 
Et pourquoi l’athlétisme ?
Dimitri : Euh… pourquoi l’athlétisme ? C’est le directeur dans la boîte dans laquelle je travaille aujourd’hui qui m’a initié à l’athlétisme, qui m’a poussé dans l’athlétisme.
 
D’accord. Et qu’est-ce que te procure l’athlétisme dans ta vie de tous les jours ?
Dimitri : Déjà, être tout le temps en forme. Garder la forme, faire des rencontres, des rencontres très très intéressantes. C’est aussi voyager et ça procure, comme tout le monde le dit, c’est que maintenant le sport c’est une drogue, je ne peux plus m’arrêter donc ça me procure ce bien-être qui me dit au quotidien que ben voilà j’ai envie de faire du sport, j’en ai besoin tout simplement.
 
D’accord. Maintenant j’aimerais un peu parler de ta situation de handicap, c’est dû à un accident ?
Dimitri : Accident de travail. Le 23 décembre 2007, c’est un chariot élévateur qui m’est roulé sur la jambe à la Réunion. Je suis réunionnais.
 
Et combien de temps tu as mis après pour te décider à te lancer dans l’athlétisme ?
Dimitri : Ben en fait c’est comme je vous disez, c’est en 2015 que j’ai rencontré le boss de la boîte dans laquelle je bosse aujourd’hui et c’est lui qui a détecté un potentiel en moi et qui m’a proposé de me sponsoriser et de voir si j’étais compétent pour pratiquer de l’athlétisme, voilà.
 
D’accord ! Et tu pratiquais l’athlétisme avant l’accident ?
Dimitri : Non, pas du tout. Je ne faisais aucun sport avant.
 
Et ta profession actuellement à côté de l’athlétisme, c’est quoi ?
Dimitri : Alors c’est un peu compliqué, donc on va dire que j’ai commencé en tant que technicien orthoprothésiste, donc je fabriquais des prothèses. Et en fait depuis les Mondiaux, je suis détaché, donc je ne travaille plus à la production, je travaille pour la communication de l’entreprise. Je suis détaché à plein temps pour m’entraîner, pour faire tout ce que j’ai à faire.
 
Ce n’est pas compliqué à concilier du coup les deux ? Ça va ?
Dimitri : On va dire que non, puisque en fait je fais un peu ce que je veux, donc je m’entraîne et si je dois partir, je pars et c’est tout, voilà. C’est convenu comme ça avec le travail. Si j’ai des choses à faire mis à part mon travail, je suis détaché.
 
D’accord. Maintenant on va parler de ton parcours de sportif de haut niveau. Quelles distinctions ou titres tu as pu recevoir en tant que sportif ?
Dimitri : Eh bien j’ai des privilèges, j’ai des privilèges par rapport à la Fédération. Le sport de haut-niveau ça rapporte des sponsors, parce que la notoriété est un peu plus que la normale on va dire. Ensuite, on est plus médiatisés donc on est plus connus. On a plus de soutien par rapport à la fédé. Bah c’est ça en gros c’est qu’on est vus autrement. Bon après le titre fait qu’on est plus reconnus mais ce qui change le plus c’est vraiment la médiatisation de notre image. J’ai beaucoup plus véhiculé que d’autres athlètes qui sont dans l’équipe de France.
 
Et puis tu es ambassadeur de la Haute Garonne aussi.
Dimitri : C’est ça ! Ça j’ai signé bien avant que je sois vice-champion du monde, ça fait déjà bientôt 2 ans.
 
Quels sont tes objectifs sportifs et est-ce que tu les as déjà atteints ?
Dimitri : Non, ah non non non, j’ai atteint les objectifs que je voulais atteindre mais y’en a encore, y’en a encore ! Jusqu’aux Jeux (rires). Alors, au mois de février j’aimerais battre le record de France à nouveau aux Championnats de France en salle. Aux Championnats d’Europe, j’aimerais battre le nouveau record de France que je dois battre en février et aux Jeux ben j’aimerais faire médaille d’argent et rebattre à nouveau mon record personnel...à la longueur, je parle pour la longueur. J’aimerais aussi aux Championnats d’Europe me qualifier sur le 200m. Donc voilà, j’aimerais me qualifier sur le 200m, donc je suis en train de préparer tout ça, recommencer à sprinter et voir où est-ce que ça peut m’amener.
 
D’accord. Et comment est-ce que tu as basculé dans le haut niveau ?
Dimitri : Alors...c’est qu’en fait je suis, comme on me le dit souvent, un athlète hors-norme ou exceptionnel, plutôt exceptionnel et ils l’ont déjà dit en fait que je chamboule la chronologie d’évolution en tant qu’athlète. Donc ça veut dire que j’ai évolué extrêmement vite dans la compétition. J’ai commencé en 2016 et j’ai porté les couleurs de l’équipe de France en 2017. En 1 an, j’étais déjà dans l’équipe de France, à peine commencé.
 
Effectivement, c’est très rapide !
Dimitri : Oui donc après voilà, 2018 je fais les Championnats d’Europe, 2019 ben, je fais vice-champion du Monde, médaille d’argent aux Championnats du Monde. Et là, je suis qualifié pour les Jeux. Après, à peine sorti du déconfinement en 2020, je bats le nouveau record de France. Donc voilà, c’est...une détermination que j’ai et qui ne va pas s’arrêter là quoi.
 
Oui, et donc quelles sont tes sources de motivations qui font que justement tu en sois là aujourd’hui ?
Dimitri : C’est euh...je ne sais pas, c’est toujours la soif de faire beaucoup mieux, d’exploser les records, l’envie de nouveaux challenges, l’envie de se surpasser, l’envie de montrer encore une fois que ben je suis présent, même si je suis vieux à mon âge, que je suis présent, que je suis bien là. Et la détermination c’est que j’ai envie vraiment d’inscrire mon nom internationalement, que les gens disent ah ouais lui il fait de la longueur et tout, Dimitri PAVADE ben oui on le connaît ! C’est comme si que, on parle d’amputés, tout le monde va dire ah ouais comme Pistorius.Voilà, c’est vraiment qu’on reconnaisse mon nom quoi, c’est ça ma détermination aujourd’hui.
 
D’accord, combien de temps du coup tu consacres à la pratique de l’athlétisme par semaine ?
Dimitri : Alors euh...on va dire du lundi au jeudi puisque j’ai une journée de repos. Si ça va bien, donc c’est 2 heures par jour.
 
Ok, et par rapport à la situation actuelle de la COVID, quel regard portes-tu sur cette saison ?
Dimitri : Eh bien jusqu’à aujourd’hui, les stages en équipe de France, les compétitions sont maintenus donc moi je m’affole pas pour ça. Je peux m’entraîner comme si qu’on était hors COVID, car j’ai le droit en tant qu’athlète de haut niveau. Il n’y a rien qui stoppe ma préparation, donc pour moi tout va bien, tout roule !
 
Maintenant par rapport aux Jeux Paralympiques de Tokyo, comment tu les prépares ?
Dimitri : Je suis prêt à tout moment. Après vu les performances que je fais, je suis...je sais ce que je fais et je sais où je vais, je suis sûr de moi en ce moment, donc je ne me pose pas pleins de questions, ça ne sert à rien de se mettre la pression pour rien, les Jeux sont encore assez loin donc je prépare tranquillement comme si je préparais une petite compétition quoi. Et j’ai toujours été comme ça, toutes les compétitions par exemple les Championnats du Monde, je n’ai jamais été stressé pour dire ouais on est aux Mondiaux, c’est un truc de ouf !
 
Et quelle est ta plus belle expérience de compétition d’ailleurs ?
Dimitri : Ben les Mondiaux, ah oui carrément les Mondiaux c’est, quand j’ai fait le record de France et que j’ai battu mon record personnel, c’était le moment le plus fort de toute ma carrière sportive, où je n’ai pas su contrôler mes émotions et c’était fort quoi !
 
Donc voilà j’ai terminé, merci beaucoup d’avoir participé à cette interview. Je te souhaite une bonne continuation et tout le meilleur qui puisse t’arriver pour les Jeux de Tokyo
Dimitri : Avec plaisir.

Novembre 2020.